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L’investisseur intelligent de Benjamin Graham [résumé]

par ViaFortuna

Le livre de Benjamin Graham, « L’investisseur intelligent », compte parmi les ouvrages de référence pour les investisseurs. Particulièrement pour les adeptes de la stratégie value, puisqu’il présente les principes fondamentaux de cette approche boursière.

Pour démarrer 2020 du bon pied, je me suis donc plongée dans la lecture de ce grand classique de l’investissement (voir mon avis sur le livre). Pour celles et ceux qui n’auraient pas l’envie ou pas le temps de lire ce petit pavé de 365 pages, voici le résumé du livre.

Résumé et couverture du livre "L'investisseur intelligent"

1. Investir ou spéculer : quelles différences ?

Tout au long de son livre, Benjamin Graham distingue investissement et spéculation.

Selon lui, un investissement est une opération qui, après analyse approfondie, promet une bonne garantie sur le capital investi ainsi qu’une rentabilité adéquate. Toute opération ne répondant pas à ces critères est considérée comme spéculative.

Spéculer n’est ni illégal, ni immoral. Mais, dans la grande majorité des cas, spéculer fait perdre de l’argent.

Parce qu’elles présentent des performances moindres ou des risques élevés, Benjamin Graham déconseille les approches suivantes, qu’il juge spéculatives :

  • la vente à découvert: la personne n’a aucune garantie sur le capital investi puisqu’elle n’est pas propriétaire des titres qu’elle vend.
  • les stratégies qui consistent à prévoir les mouvements de marché comme les stratégies graphiques, la stratégie achat-bas vente-haut… Le comportement des marchés ne suit pas toujours les schémas antérieurs et n’obéit pas toujours aux signaux de danger établis. Ces stratégies sont donc difficiles à appliquer. Elles se sont révélées perdante dans l’histoire.
  • la stratégie growth, qui se heurte à 2 obstacles majeurs :
    1. Les cours intègrent déjà les perspectives de croissance de la société. La société se paie cher par rapport à ses résultats attendus (= PER très élevé).
    2. Les résultats obtenus peuvent différer des résultats attendus. Une croissance particulièrement forte s’essoufflera tôt ou tard, d’autant plus si la société atteint une taille importante sur son marché. Lorsque la croissance de telles sociétés ralentit, leur cours de Bourse s’effondre.
  • les introductions en Bourse de sociétés non cotées. Ces placements se font systématiquement au détriment des investisseurs selon un même scénario qui se répète :
    1. Au début, les prix d’introduction sont intéressants et de belles plus-values peuvent être réalisées par les acquéreurs.
    2. On assiste alors à une recrudescence des introductions en Bourse : de plus en plus de sociétés utilisent ce mode de financement pour poursuivre leur développement.
    3. La qualité des entreprises qui s’introduisent en Bourse se dégrade alors que les prix d’achat deviennent de plus en plus exorbitants.
    4. Les prix s’effondrent.
  • Les fonds de recherche de performance. Ces fonds prennent des risques énormes pour obtenir des résultats spectaculaires. Tôt ou tard, le risque doit être payé et les fonds enregistrent d’importantes pertes.

2. Investisseur défensif vs investisseur agressif

Benjamin Graham distingue deux profils d’investisseurs selon leurs objectifs et leur tempérament : l’investisseur défensif et l’investisseur agressif.

L’objectif de l’investisseur défensif est d’éviter toute erreur ou perte importante ainsi que la contrainte et le besoin de prendre des décisions fréquentes. Il cherche à obtenir des performances similaires aux indices boursiers de référence.

A contrario, l’investisseur agressif a la volonté d’allouer temps et attention à la sélection de titres plus sûrs et plus intéressants que la moyenne. Sur le long terme, l’investisseur agressif cherche à dépasser les indices boursiers de référence.

Vous hésitez entre les deux profils ? Rassurez-vous ! Il est possible d’opter pour une position intermédiaire. C’est d’ailleurs ce que font la majorité des investisseurs.

Que vous soyez un investisseur défensif ou agressif, Benjamin Graham conseille d’opter pour l’allocation la plus équilibrée pour votre portefeuille : 50% en actions, 50% en obligations.

Le choix de la répartition entre ces deux classes d’actifs dépend surtout de votre tempérament d’investisseur et de votre jugement sur l’intérêt actuel des actions (le marché actions est-il haut ou bas ?).

L’idée est que chacune de ces deux classes d’actifs représente toujours entre 25% et 75% de votre portefeuille. Mais jamais au-delà.

Selon Graham, la majorité des investisseurs particuliers devrait choisir le camp de l’investisseur défensif. Ils n’ont ni le temps, ni la motivation, ni l’attitude mentale pour s’engager dans les activités de l’investisseur agressif.

3. Les principes de l’investissement dans la valeur selon Benjamin Graham

Les mouvements des cours engendrés par la spéculation vont toujours trop loin, dans un sens ou dans l’autre. On assiste donc fréquemment à des sous-évaluations ou des sur-évaluations de certaines actions. Or, certains titres sont sous-évalués parce qu’ils ne sont pas suivis ou parce qu’ils sont mal compris. Parmi ces titres figurent de belles opportunités à saisir.

Le principe de l’investissement dans la valeur consiste à acheter des actions d’entreprises présentant des contradictions flagrantes entre leur cours de Bourse et leur valeur objective (ou valeur intrinsèque).

Les grandes entreprises délaissées par les masses et acquises à des multiples modérés offrent un excellent potentiel pour le grand public.

Attention toutefois ! Un titre ne devient pas un investissement sain par le simple fait qu’il peut être acquis à un prix proche de sa valeur d’actifs. Le titre doit également répondre à certains critères (voir tableau ci-dessous).

Un concept important de l’investissement dans la valeur : le concept de marge de sécurité. Elle permet d’amoindrir voire d’éviter les pertes en cas d’erreurs d’appréciation de la société ou bien d’évolutions défavorables de celle-ci.

4. Portefeuille de l’investisseur défensif

Le portefeuille de l’investisseur défensif est diversifié sans être éparpillé. Il comporte 10 à 30 valeurs.

L’investisseur défensif doit partager ses fonds entre :

  • Des obligations de première qualité : obligations d’état américain, obligations municipales américaines et obligations d’entreprises triple A
  • Des actions de première qualité qui répondent exclusivement aux critères suivants :
L'investisseur intelligent - critères de choix d'actions

Critères de choix d’actions pour l’investisseur défensif

Ces critères ne sont pas valables pour les sociétés financières, les sociétés immobilières et les holding (Graham ne donne pas les critères à retenir pour ces sociétés).

5. Portefeuille de l’investisseur agressif

Pour obtenir des résultats supérieurs à la moyenne sur du long terme, l’investisseur agressif doit suivre une méthode de sélection rationnelle mais différente de celles suivies par la majorité des investisseurs ou spéculateurs.

Trois approches s’offrent à lui :

  • Les grandes entreprises temporairement impopulaires. Elles ont les capacités de reconstruire leurs marges et leurs profits. Le marché répondra probablement rapidement à une amélioration de leur situation. Evitez les petites entreprises impopulaires qui sont trop risquées.
  • Les bonnes occasions. Une bonne occasion est une action qui, d’après son analyse financière, semble valoir considérablement plus que sa valeur boursière. Une bonne affaire doit présenter une valeur réelle supérieure d’au moins 50% à son cours de Bourse, une taille adéquate, un bilan sain ainsi que des bénéfices stables sur plusieurs années. Autre exemple de bonnes affaires : les titres qui se vendent moins chers que leur fonds de roulement (opportunités rares sur les marchés).
  • Les situations spéciales. Les marchés boursiers ont tendance à sous-évaluer les sociétés engagées dans des procédures légales complexes. L’investisseur agressif peut chercher à tirer profit de ces situations spéciales (fusion-acquisition, liquidation judiciaire, restructuration de sociétés…).

Ces approches requièrent des connaissances et un état d’esprit particuliers. Elles ne sont pas accessibles à tous les investisseurs et sont réservées aux investisseurs chevronnés.

Les techniques conseillées aux investisseurs agressifs sont moins détaillées que celles à destination des investisseurs défensifs puisque Graham recommande aux particuliers de s’en tenir à une approche défensive.   

6. Pour être un investisseur intelligent, en résumé

En résumé, pour être un investisseur intelligent, suivez les principes suivants :

Sachez ce que vous faites : ne cherchez pas à obtenir un rendement démesuré par rapport aux rendements courants

Ne laissez personne s’occuper de vos affaires à votre place : sauf si vous avez une grande confiance dans l’intégrité et le savoir-faire de cette personne ainsi que la capacité et les connaissances pour superviser ses actions

Restez à l’écart des affaires où vous avez tout à perdre et rien à gagner : vos espoirs de profits doivent être basés sur des calculs et non sur votre optimisme

Ayez le courage de votre expérience et de vos connaissances : si vous avez tiré vos conclusions de faits (et non d’opinions) et si vous savez que votre jugement est bon, agissez. Même si les autres doutent.

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